Je me souviens que les veilles de vacances les cours s’arrêtaient et que nous pouvions jouer au mouchoir, filles et garçons réunis, sur les aires de jeu du lycée. Assis à même le sol, en cercle, nous attendions en regardant droit devant nous que l’un ou l’une d’entre nous ne lâche subrepticement dans sa course le fameux mouchoir. Il n’était pas facile d’anticiper sur ce mouchoir dans notre dos. Parfois même, faute d’avoir détecté sa présence nous laissions au coureur tout loisir pour faire un tour complet et nous prendre en défaut d’étourderie.
Qu’on soit coureur ou assis en tailleur, qu’on lâche ou que l’on découvre le mouchoir l’affaire n’était jamais anodine. Le mouchoir faisait signe. Il servait bien sûr à traquer l’étourdi(e) mais peut être aussi à dire discrètement une douce connivence amoureuse. Le mouchoir pouvait servir de déclaration. Nous renouions ainsi sans le savoir avec l’antique tradition qui voulait qu’en Turquie le sultan au sérail choisisse sa préférée en lui jetant un mouchoir.
Et nous rêvions un instant que les dames de la cour (de récréation) attendaient notre regard et briguaient notre mouchoir.
« Les dames de la cour … attendent ses regards et briguent son mouchoir » (Voltaire, Ed. d’un prince)
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Il y a 7 ans
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