ACTE 2 - La tempête. Première traversée – première tempête – la poisse.
Monologue de la tempête repris par le chœur.
L’océan s’est réveillé. L’océan a déraillé. L’eau explose dans le ciel. Elle explose. Elle dégringole. Arrache les nuages au vent et les étoiles. Il est furieux l’océan. Il se déchaîne. Mais jusqu’à quand. Personne ne sait. Un jour entier. Ça finira par s’arrêter. Maman ce truc là maman. Tu me l’avais dit. Dors mon enfant. C’est la berceuse de l’océan. L’océan qui te berce. Tu parle qu’il me berce. Il est furieux l’océan. Partout. L’écume. Et le cauchemar. Il est fou l’océan. Aussi loin qu’on peut voir. Tout est noir. De grands murs. Qui déboulent. Et là tous. La gueule ouverte. En attendant que ça s’arrête Qu’on coule à pic. Je ne peux pas maman. Je veux l’eau qui repose. L’eau qui reflète. Arrête-moi. Ces murailles. Absurdes. Ces murailles d’eau. Qui dégringolent. Tout ce bruit. Je reveux l’eau que tu connais. Je reveux la mer. Le silence. La lumière. Et les poissons volants.
Novecento regarde fixement devant lui. Il ne tangue pas.. Comme s’il était complètement ailleurs. Il regarde quelque chose. Quelqu’un peut-être. Il dit :
Novecento : Viens. Viens ici. N’aie pas peur.
(il invite quelqu’un à danser, ils dansent une valse lente ou un tango. Ça peut être deux garçons) bouger/ danser. Ils s’arrêtent de danser.
L’autre danseur : elle est vraie cette histoire. De toi et du bateau. Que tu es né dessus. Quoi et tout le reste. C’est vrai que tu n’es jamais descendu. Toujours. Vingt-sept ans. Sans mettre pied à terre. Jamais.
Novecento : Oui
Le danseur : Mais vrai vraiment.
Novecento : vrai. Vraiment.
Le danseur : A qui tu penses quand tu joues. Quand tu regardes. Les yeux droits devant. Ou tu t’en vas dans ta tête.
Novecento : Je voyage. A Londres. Dans un train. Je voyage. Au milieu de la campagne. Sur une montagne. La neige t’arrive à la taille. Je voyage. Dans la plus grande église du monde. Je compte les colonnes. J’ai été à Paris. Ce que j’aime là-bas. C’est le coucher de soleil sur le Pont Neuf. Quand les péniches. Je leur fais un signe de la main. Je voyage.
Le danseur : Tu es déjà allé à Paris Novecento.
Novecento : Non.
Le danseur : alors.
Novecento : c'est-à-dire. Si.
Le danseur : comment ça. Si.
Novecento. Paris. Londres. Bertham street. L’été. L’odeur de Bertham street. La pluie vient de s’arrêter. Je respire. L’air de Bertham street. Vraiment. Je voyage.
Le danseur : tu y es allé à Londres.
Novecento : non. C'est-à-dire. Si. Je voyage.
Ils se mettent à jouer à deux. Sur les marches.
LE DUEL
1 : Il y a un type . Sur ce bateau. Au piano. Il fait ce qu’il veut. S’il a envie. Il joue du jazz. S’il n’a pas envie il te joue un truc. C’est comme vingt jazz à la fois.
2 – Il fait comment pour jouer. Un type qu’à même pas assez de couilles pour descendre d’un foutu bateau.
1 – Tu fais bien de rire. Parce que ce type là. Le jour où il descend. Tu repars jouer dans les bordels. Dans les bordels.
2 – Il est où ce type. Il est où.
RENCONTRE
JRM – bouge-toi.
Novecento : Vous êtes celui qui a inventé le jazz. C’est ça.
JRM : Ouais. Et toi t’es celui qui veux=t pas jouer sans l’océan sous les fesses. C’est ça.
Novecento : Ouais.
Adaptation de "Novecento pianiste" de Alexandro Barrico: AFRT - IUFM UCBN 2009 - Sylvain Godard.
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