En 1965 la France vit dans l'ombre du Grand Charles. L'ORTF diffuse en noir et blanc. Noëlle Noblecourt, présentatrice de Télé Dimanche est renvoyée pour avoir montré ses genoux. Pas folichon l'Hexagone en ce temps là. Notre lycée n'échappe pas à la grisaille pudibonde de l'époque. Filles et garçons sont séparés. L'apartheid. Et surtout nous portons des blouses. Le nuancier est limité; ça va du noir au bleu en passant par le gris. Le bleu étant si mes souvenirs sont bons la couleur des filles. C'est l'école du voile; gris pour les garçons , bleu pour les filles car rien ne doit transparaître de ce qui commence à faire de nous de jeunes hommes et de jeunes femmes. Tout se passe comme si l'immense chantier de nos libidos en construction devait passer inaperçu. Las! La petite musique qui nous vient de dessous nos blouses va crescendo et la salle 16 où nous partageons l'étude avec les filles résonne aux accents incontrôlables d'une symphonie libidinale d'autant plus tonitruante qu'elle est condamnée au silence. Je passe donc ainsi le plus clair de mon temps à rédiger des poèmes enflammés dans un style pompier qui laisse désespérément froide la jeune et jolie C.L.Terrible addiction qui me fait languir d'amour et creuse mes lacunes en calcul mental. Notre Général à libéré la France dont il sillonne alors encore régulièrement les routes dans sa DS19 noire. Reste à libérer les corps. Il va falloir encore attendre quelques années. Tartuffe n'est pas que chez Monsieur D. notre professeur de français (connu pour sa pédagogie souvent déroutante) , Tartuffe est partout, à la cantine, dans les cours de récréation, dans les dortoirs, « Cachez ce sein que je ne saurais voir ». Un jour tombe la sanction; S.G.. sera collé dimanche prochain. Motif, rédigé par un surveillant particulièrement inspiré dont j'ai heureusement oublié le nom « joue au couple avec un camarade! ». Pour l'Histoire; nous lisions mon copain P.A. et moi un livre à la lueur d'une petite lampe de poche sous la protection des couvertures de mon lit. Protection insuffisante pour tromper la clairvoyance du pion qui n'aimait pas les livres.
La fausse-bonne idée: le droit de pétition
-
Le Président de l’Assemblée Nationale française, Richard Ferrand a adressé
aux députés français un courrier de quelques feuillets immédiatement rendu
publi...
Il y a 7 ans
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
N’hésitez pas à faire part de vos commentaires. Merci.