Et bien je me rappelle de Monsieur R. A l'époque on ne disait pas professeur d'arts plastiques mais professeur de dessin. Donc Monsieur R. était notre professeur de dessin et nous le retrouvions régulièrement dans une petite salle aménagée en amphithéâtre. Je devrais plutôt dire en arène dans laquelle notre professeur vivait un véritable calvaire pire que celui que l'on faisait subir aux Saints dans la Rome antique. Sauf qu'ici les lions, les tigres , les mirmillons, c'était nous , petits morveux de sixième et de cinquième. C'était nous les infâmes qui mettions le pauvre homme au supplice à coups d'Aphrodites en stuc dénichées au fond de la réserve attenante. Aujourd'hui j'ai honte, honte des gosses que nous étions et qui profitaient allègrement de la faiblesse de cet homme étique alors qu'ils filaient droit devant ses collègues plus sévères (dont certains sont ici qualifiés " d'inénarrables"). Scène emblématique du faible que l'on opprime et que l'on torture. Scène jouée et rejouée depuis l'aube des temps et à laquelle nous fûment sans doute nombreux ces années là à participer. Honte à nous!
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