GAVDOS
par Sylvain Godard, samedi 20 novembre 2010, 22:56
Sophia bat son blé sur l'aire qui surplombe sa masure elle fait encore son pain. Femme d'un autre age, Vêtue de noir. Dans un recoin de la cabane brille le regard d'une jeune et jolie fille. Quelques années plus tard sur son tracteur elle aura perdu ses dents, Déja vieille,
Stellio vit tapis dans l'ombre sous un ciel de casseroles en aluminium bon marché. Sa femme crache régulièrement le fiel qui la ronge dans une bassine en plastique vert. Sa paume contient une feuille verte odorante dont elle croit encore aux vertus médicinales.
Le paté est dégoutant, le beurre aussi, les boites de conserves reposent dans l'ombre sur des étagères incertaines. Epicerie aussi, la toile cirée aux punaises rouillées s'accroche au bois secretement rongé. Des lettres jamais ouvertes arborent d'étranges patronymes sur lesquels la postière ne jette qu'un regard absent, Poussières...
Pavlo s'effondre le soir au bord des sentiers. Ivre mort. On butte sur son corps recroquevillé. Un jour peu de temps avant sa mort Pavlo ne boira plus que du coca, Il l'appelera le "vin americain",
Kastri hôtel: à l'orée du village, seule bâtisse à étage, le touriste égaré y trouvera un grabas, lit de fer mauvais sommier et mauvaise couverture, les couloirs y sont déserts, Remplis de vent, l'insomniaque se remplit de la rumeur lointaine des flots d'un noir d'encre.
Le poulpe construit son nid sousmarin que quelques débris blancs signalent au prédateur impatient.
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